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Le Blog-Notes de Fabien RUET

Le Blog-Notes de Fabien RUET

Echanges autour d'une expérience municipale à Bergerac


La revanche historique des "Bas-Quartiers" de Bergerac

Publié par Fabien Ruet sur 22 Janvier 2014, 05:42am

Catégories : #Bergerac, #Ville d'art et d'histoire, #Urbanisme

La rénovation d'une nouvelle rue est toujours un moment d'émotion, comme ici rue Saint James.

La rénovation d'une nouvelle rue est toujours un moment d'émotion, comme ici rue Saint James.

 

Depuis la mi-décembre dernier, la rue Saint James a revêtu une parure monumentale, digne de la diversité de son patrimoine architectural. Elle s’impose comme une nouvelle porte d’entrée de notre Centre Historique, au débouché de la grand Rue et de l’Eglise Saint Jacques. Le bon goût n’est pas interdit en matière d’aménagement urbain. La rue Saint James, dans sa nouvelle configuration piétonne, y a gagné en majesté et en qualité d’espace public. Elle offre un trait d’union quasi naturel entre la Place Pélissière et la rue des fontaines dont la rénovation est aujourd'hui unanimement saluée. L’inauguration de la nouvelle rue Saint James était également riche en symboles ; et singulièrement sociaux social. Un temps voué à la démolition, le vieux Bergerac était stigmatisé par la haute ville, par cette ville bourgeoise trop sûre d'elle-même. Les « bas quartiers » étaient le refuge des classes laborieuses, de celles et ceux qui à la sueur de leurs fronts engageaient Bergerac dans l’industrialisation triomphante du vingtième siècle. Les « bas quartiers » parlent encore au cœur des Bergeracois, comme la nostalgie d’un temps révolu où la solidarité de quartier l’emportait sur l’individualisme triomphant, où la promesse de l’ascenseur social permettait de nourrir des rêves pour l’avenir. Aujourd’hui, avec sa mixité sociale assumée, le vieux Bergerac s’impose comme un laboratoire du vivre ensemble en milieu urbain. Nous devons être reconnaissants des efforts déployés par la SA HLM de l’époque pour avoir sauvé l’essentiel de notre patrimoine bâti dans ce quartier. Ce vieux Bergerac est devenu le cadre de la plupart des grandes manifestations de notre ville, comme moderne agora qui transcende les différences sociales et nous regroupe autour de l’amour partagé de notre ville. L’inauguration de la nouvelle rue Saint James est une belle revanche des habitants des « bas quartiers » ; j'avais envie de la partager avec vous.

 

L'aménagement de la rue Saint James est une nouvelle contribution à notre projet de réhabilitation du cœur historique de Bergerac. Depuis la mise en place de l’assainissement collectif à la fin des années 1970, cette rue était restée en l’état. Seule la Place Pélissière avait été le témoignage d’un souci municipal, au début des années 1980, d’améliorer le cadre de vie des bergeracois. La « piétonnisation » était un premier effort d’embellissement de la ville basse. Longtemps laissé pour compte des politiques publiques, le vieux Bergerac avait été complètement abandonné de 1995 à 2008. Pas de travaux de rénovation engagés. Absence totale de volonté politique pour se donner les moyens de permettre une appropriation collective du patrimoine. Pendant plus de treize ans, le centre historique avait été abandonné, comme le signe d’un oubli injuste pour ce qui avait été longtemps considéré comme les bas quartiers.

 

Alors oui, l’inauguration de la nouvelle rue Saint James était bien riche de symboles, ceux d’une ambition retrouvée pour Bergerac, ceux d’une page tournée en 2008. Nous retrouvons collectivement la fierté d’habiter Bergerac. C’est la revanche historique des habitants de ce qu’on appelait encore, il y a moins d’un demi-siècle : les bas quartiers. Nous dédions cette rénovation à ces innombrables générations de bergeracois qui se sont succédées dans ce Bergerac populaire des ruelles de la vieille ville. Nous dédions cette inauguration à celles et ceux, qui des années durant, soufrèrent de la stigmatisation sociale de leur quartier. Quelle revanche historique, que de nous retrouver réunis autour de ce patrimoine dévoilé. Le patrimoine du vieux Bergerac fait désormais figure de pilier de la richesse de notre ville. Il transcende les origines sociales. Il est un cadre de vie en partage. Il est une promesse de mixité sociale où chacun a droit au beau, à un espace préservé, pour ne pas dire privilégié. Derrière la revanche historique des Bas-Quartiers de Bergerac, c’est une ville qui se rassemble.

 

Nos reviendrons plus en détails sur les aménagements retenus pour la rue Saint James.

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WOLFF 25/01/2014

Que voici un ton bien emphatique pour opposer les pauvres du bas des riches du haut...Tout n'est pas blanc et tout n'est pas noir ici- bas!...De nombreux travailleurs ( poudrerie, conserveries, viticulture, bois...) vivaient souvent ailleurs que dans ces quartiers bas: les baraques de Creysse et son îlot 13, camps des indochinois, quartiers de la Catte, Beauplan et Naillac...petits villages viticoles proches de la ville,etc. Tout n'a pas commencé en 2008 et rien ne s'arrêtera en 2014. Tu auras encore l'occasion, mon cher Fabien, de poursuivre ton bon travail et si j'étais maire de Bergerac après les élections à venir (mais ce ne sera jamais le cas car j’ai horreur des cumulards!) c'est toi que je prendrais comme 1° adjoint!!!
Bonne chance.
Gérard WOLFF.

MAGRES 26/01/2014

Je salue également cette magnifique rénovation que j'ai suivie pas à pas, bravant les engins, la rue défoncée, barrée pendant des mois, m'émerveillant devant les jolies perspectives naissant de tous côtés, me laissant aller au plaisir des yeux... jusqu'à ce que mes oreilles me ramènent brutalement à la réalité : elles ont entendu les grondements, les plaintes, les angoisses, les pleurs même des commerçants et artistes vivant dans cette rue. Puis les plaintes ont cessé, elles ont cessé parce que les personnes étaient parties. Finie la jolie petite poterie où les enfants s'arrêtaient pour admirer les mains expertes de la petite potière affublée d'un nez rouge, qui leur apprenait à avoir confiance en eux en les guidant pour fabriquer avec le tour qui, une petite tasse, qui un petit pot à offrir fièrement à leur maman, Exit la boutique de farces et attrapes, de location de costumes avec ce gentil couple tout attaché à notre bon plaisir. Envolé l'atelier du peintre Jean-Louis MORASSUT, méconnu à Bergerac mais ô combien talentueux, qui remplissait un rôle social en accueillant dans sa boutique avec sa femme les petites âmes souffrantes des papis et mamies alentour ésseulés, leur prodiguant chaleur et écoute, Idem pour la petite galerie adjacente qui abritait de jolies sculptures, ainsi que les tableaux d'un jeune couple qui n'a tenu que quelques mois. Et j'en ai oublié parce que ce matin, à huit heures, je ne suis pas bien réveillée et ma mémoire me trahit. Mais je sais qu'il y en a d'autres et qu'il y en aura encore d'autres, écrasés par des charges impossibles à assumer du fait de la privation de leur petite clientèle, leur gagne pain, durant de nombreux mois.Les grands projets peuvent rarement aboutir sans qu'il y ait des "dommages collatéraux" mais le DEVOIR de nos ELUS est d'anticiper, prévenir et limiter les dégâts. Que faites-vous cher ELU pour COMPENSER toutes ces pertes ? Pour SOUTENIR ces personnes, ces petits commerces qui donnaient de la vie, de la joie, du mouvement, dans un lieux où en un temps il n'y avait que des murs crasseux, des ruelles sombres, mais où leur présence et leur énergie empêchaient qu'il devint mal famé ? Réfléchissez-y cher Fabien et, s'il vous plaît, pendant votre campagne, ne négligez pas d'aller les voir. Vous pourriez d'ailleurs commencer par la petite vendeuse de perles qui reçoit régulièrement des petites gamines collégiennes en stage dans sa petite boutique qui commence à battre de l'aile. J'arrête là ... pour l'instant... mais avant, tout de même, j'aimerais vous rapporter les propos de ma coiffeuse, hier matin, à qui je demandais, histoire de papoter aimablement : "Alors, les élections municipales se profilent... tu as quelques idées là-dessus ?" Et c'est un flot de paroles véhémentes qui est sorti de sa bouche pour terminer : BERGERAC EST une VILLE MORTE, et si ce n'est déjà fait, c'est ce qui va arriver très vite. Je REFUSE ABSOLUMENT d'accepter ceci comme une fatalité mais il faut se rendre à l'évidence : Il n'y a pas que les commerçants de la rue des Fontaines qui sont touchés. La grogne a gagné la Place du Marché Couvert et je n'ai fait que ce quartier. Pourtant, ma coiffeuse qui est une femme intelligente et chaleureuse, a de nombreuses idées pour vivifier ce quartier. Des idées de femme, de mère et de citoyenne. Mais elle ne vous en fera pas profiter parce qu'elle n'a pas confiance dans les hommes politiques (de quelque bord que ce soit). Je vous remercie par avance de l'attention que vous voudrez bien accorder à ce billet. Citoyennement. Marie-Line MAGRES Coordonnatrice du Pôle Relais Insertion du Lycée de l'Alba à Bergerac

WOLFF 26/01/2014

La réponse de M. L. MAGRES est pleine de bon sens au sujet de cette vieille rue de Bergerac. Sa rénovation a fait partir les quelques artisans et artistes de la nouvelle rue Saint James.Et il sera difficile de les remplacer!...Certains bergeracois, pas toujours de bonne foi, comme les colistiers de Daniel GARRIGUE,laissent à penser que les travaux comme ceux de la rue de la Résistance posent plus de problèmes aux commerçants du secteur pour cause d'absence de parcage (j'en ais fait l'amère expérience). De la à dire que la citée est une ville "morte", il y a un gros oubli. Un ville ne vit qu'avec ses travailleurs et ce n'est pas la rénovation d'un rue qui fera baisser le nombre de demandeurs d'emplois! C'est dans ce domaine que l'équipe de D. Rousseau devra faire porter tous ses efforts lors de son prochain mandat!
Gérard WOLFF, militant socialiste.

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